Insulte, mode d'emploi
Ces derniers mois l’ont abondemment prouvé : que ce soient dans l’hémicycle ou dans les couloirs du métro, sur les lèvres d’une miss ou d’une Première Dame, les noms d’oiseaux sont légions. Raison de plus pour réviser ses classiques : quand cela servirait surtout à l’oral, écrieriez-vous sans hésitation “bergeronnette”, “buzard”, “cacatoès”, “faucon pèlerin”, “flamand rose”, “jais bleu”, “goëland”, “gypaète barbu”, “harfand” des neiges, “pygargue à tête blanche”, “sitelle” ? Avant de voler dans les plumes de votre prochain bouc-émissaire, ne pensez-vous pas que, par acquit de conscience, il seyait de réviser un peu ? C’est que l’on est jamais assez prévoyant, par ces temps de… prises de becs !
abondamment (de l'adjectif abondant, avec un « a »)
que ce soit (quand le tour que ce soit est suivi d'une préposition, le verbe reste obligatoirement au singulier)
d'une Miss (majuscule de rigueur quand on parle d'une reine de beauté)
d'une première dame (toujours avec des minuscules, en revanche)
sont légion
écririez-vous (rien à voir avec la conjugaison des verbes s'écrier ou se récrier)
busard (à la différence du balbuzard)
flamant rose
geai bleu (ne pas confondre l'oiseau et la roche !)
goéland
harfang des neiges
sittelle
bouc émissaire (pas de trait d'union)
l'on n'est (ne pas oublier la marque de la négation)
prises de bec (quand le pluriel ne serait pas rare, il s'en faut, sur la Toile, les ouvrages de référence, explicitement ou implicitement, se prononcent pour le singulier au complément)




