Décris-moi ton séant,
je te dirai qui tu es !
Plutôt que de vous racrapoter, vous êtes chaud boulette à l’idée de déguster pistolets et mitraillettes en Belgique, avec vos arsouilles et spirous ? Cela ne devrait pas vous coûter un pont : au pis, sortez le frigobox !
Surtout, et pour le cas où vous n’auriez pas tout compris dans le chapeau qui précède, procurez-vous au préalable (et deux fois plutôt qu’une) le délicieux petit ouvrage de Michel Francard « En Belgique, ça se dit comme ça ! », récemment publié aux éditions Le Robert. Indispensable viatique si vous ne voulez pas vous faire envoyer à la gare par l’indigène qui s’étonne de vous entendre répondre à pouf à chacune de ses questions...
C’est que l’on a beau parler la même langue, il n’est pas sûr que vous reconnaissiez d’emblée un pourboire dans la dringuelle, une fermeture éclair dans la tirette, une bouteille vide (consignée ou non) dans la vidange, un fromage de tête dans la tête pressée, ni que vous soyez toujours conscient d’avoir l’eau dans les caves dès que vous avez le malheur de porter un pantalon trop court !
Mais le point de non-retour entre les deux pays, plus fertile encore en margailles qu’une demi-finale de Coupe du monde de football, se situe ailleurs : il réside dans la manière, révérence parler, de poser son c… ! Si les Hexagonaux que nous sommes le bordent volontiers de nouilles (Panzani ou autres, peu nous chaut), nos voisins (et néanmoins amis) de Belgique n’hésitent pas, eux, à le plonger dans le beurre. Plaisante façon, pour signifier qu’il suffit d’une frontière pour modifier les points de vue, de recycler la célèbre formule, plus présentable, de Blaise Pascal : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ! »
Bonne… pâte, Michel Francard présente les deux locutions comme équivalentes. Nous n’irons sans doute pas jusque-là, avoir le cul dans le beurre voulant dire, selon sa propre définition, « vivre sans avoir à se soucier des ressources matérielles ». Notre cul bordé de nouilles témoignerait plutôt, pour sa part et plus modestement, d’une chance aussi récurrente qu’insolente. Mais il est vrai que ceci peut, à la longue, conduire à cela…




