Pourquoi une voiture française ?
parce qu'elle me le rend bien !
Parce qu’il ne faut pas non plus désespérer Billancourt : j’ai toujours « roulé français ». On aura tôt fait de me faire passer pour un irréductible de la préférence nationale, mais jusqu’ici j’assumais.
Et voilà qu’après 5, 12, 16, 20, 25, Mégane et Laguna, j’opte pour le Nouveau Captur. Sans e final, mais nul n’est parfait et tant que l’anglais n’y est pour rien… Sans trop comprendre ce qu’est un SUV (« Seulement Un Volant », tout le reste étant désormais pris en charge par ces ordinateurs sur roues que sont devenues nos voitures ?). Et sans davantage m’arrêter au nom bien de chez nous que porte celle-ci : « full hybrid E-Tech ». Il faut bien que commerce tous azimuts se fasse, non ?
Le contact mis, je déchante un tantinet. C’est en effet un READY peu hexagonal qui m’accueille sur le tableau de bord. Heureusement, il s’efface cinq secondes après. Plus bas, en revanche, c’est le mode de conduite COMFORT qui attire mon regard pour, lui, s’impatroniser sur l’écran tout au long du trajet. Le septuagénaire (moyennement fringant) que je suis ne va tout de même pas lui préférer l’option SPORT sous prétexte qu’elle sauve les apparences en n’offensant pas notre orthographe ?
Pour peu que le béotien que je suis tout autant n’assimile pas d’emblée les mille et un gadgets et « widgets », souvent inutiles, que — moyennant finance, évidemment — les bons apôtres de la conduite assistée ont mis à ma disposition pour me permettre de rouler droit, pas trop vite et sans éblouir, on a tôt fait de me rassurer : je trouverai toutes les explications utiles sur… MY RENAULT (il s’en faut que ce « my »… m’aille mais, pour être honnête, Citroën et Peugeot ne font guère mieux) !
J’allais oublier de préciser que, fort de l’idée que cette voiture sera ma dernière, je l’ai choisie en rouge flamme, une hardiesse que ma discrétion naturelle ne m’avait jusqu’alors jamais autorisée. J’ai eu tort : la vraie classe eût été de dégoter plutôt une voiture qui parlât exclusivement ma langue maternelle. Pourtant, qui mieux que la firme au losange aurait pu — pardon : aurait dû ! — résoudre cette quadrature du cercle ?




