On se dresse tous
contre le « dressing » de Morgane !

< dimanche 7 septembre 2025 >
Chronique

La nouvelle a fait sensation il y a quelques jours : « HPI » vivant ses dernières heures de diffusion, Audrey Fleurot mettrait à profit la Braderie de Lille pour vider son placard et vendre ses fringues à l’encan.

On ne peut qu’applaudir à cette initiative haute en couleur (au figuré comme au propre pour qui connaît les goûts pour le moins bigarrés du personnage qu’elle incarne, la fantasque Morgane Alvaro) : les bénéfices de l’opération ne sont-ils pas destinés à la Fondation des femmes, une association venant en aide aux victimes de violences et de discriminations ? Une bonne action donc, assortie d’un beau cadeau aux inconditionnels de la série culte comme d’un clin d’œil à la ville qui lui a tenu lieu de décor. Carton plein, vraiment !

Dans cette partition sans fautes, on pardonnera au chroniqueur de langue de glisser un bémol à la clé du placard : cet omniprésent dressing qui doit moins au chti qu’au globish. Il n’aura pas ému grand monde, travaillés au corps que nous sommes, depuis belle lurette, par les émissions d’un Plaza : on sait que le bidule, préalable sine qua non à toute signature, y fait partie des incontournables, au même titre que la double vasque et la hauteur sous plafond.

Du reste, nous ne pousserons pas la témérité jusqu’à envoyer les doudounes rose fluo de Morgane se faire pendre ailleurs ! Mais où sont nos garde-robes, nos vestiaires, nos penderies d’antan ? Quel crime ont-ils commis pour se voir relégués dans les oubliettes de notre dictionnaire intime ? On ne sait que trop que qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. Sans doute la triviale penderie avoue-t-elle trop facilement ce à quoi elle sert. Peut-être le vestiaire souffre-t-il d’évoquer désormais l’odeur fauve du sportif avant la douche plutôt que l’« emplacement, dans un logement, généralement fermé et conçu pour entreposer des vêtements ». Il n’est pas même exclu que la garde-robe, un joli mot pourtant, rougisse d’avoir désigné, en son temps, le lieu où trônait... la chaise percée !

Mais reproche-t-on outre-Manche au dressing d’être mis à toutes les sauces pour s’appliquer aussi à une vinaigrette ou à un pansement ?