2024, année olympique ?

< novembre-décembre 2024 (no 520) >

À quelques encablures de la Saint-Sylvestre, ne sied-t-il pas de se demander quelle image nous laisseront ces derniers mois ? Pas sûr, n’en déplaise aux peines-à-jouir d’Anne Hidalgo, que les Jeux aient phagocyté l’actualité, laissant au reste la portion congruë : les scénettes plus affligentes que cocasses d’une Chambre aux aboies ; les foucades d’une météo toute aussi écartelée entre crûes dévastatrices et canicules opressantes ; le tireur embusqué qui murmure à l’oreille d’un Trump s'afaissant sous sa tribune ; sans oublier l’atterant spectacle qu’offre chaque jour les paysages ukrainiens et israëliens… Il faudra plus que cinq anneaux de couleur entrelassés pour faire oublier la grisaille d’un monde auquel on a de moins en moins envie de participer !

 

sied-il (inutile de recourir au « t » euphonique quand la forme verbale se termine par un « d »)

nous laisseront (le sujet n'est pas ce nous, mais le groupe ces derniers mois : dans l'absolu, il n'est pas impossible que nous laissions une image de nous-mêmes, mais nous ne sommes tout de même pas, dans l'énumération qui suit, responsables de la météo !)

peine-à-jouir (le mot ne figure pas encore chez Larousse ni chez Robert, mais le premier élément de ce nom composé ne saurait s'accorder, s'agissant de la forme verbale et non du substantif)

congrue (pas de tréma)

saynètes (il n'est pas question ici de petites scènes, mais de sketchs)

affligeantes

aux abois

tout aussi écartelée (l'adverbe tout reste invariable, sauf devant un adjectif féminin commençant par une consonne)

crues

oppressantes (attention aux deux consonnes doubles !)

s'affaissant (bis !)

atterrant (ter !)

qu'offrent (accord avec le sujet inversé paysages)

israéliens (le tréma d'Israël n'est pas repris dans le gentilé)

entrelacés

 

(À noter que le Petit Robert accepte désormais l'accent circonflexe sur le « a » du nom encablure.)