On va voir...
ce qu'on a déjà vu ?
On ne demande qu’à croire le nouveau ministre (pléonasme ?) de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, quand il déclare que « les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac ».
Sur le fond, rien qui puisse déplaire à celui pour qui, depuis plus de trente ans dans ces colonnes, la maîtrise du langage est fondamentale dans la formation de l’individu. Il applaudirait bien plutôt à la suite du propos ministériel, laquelle précise qu’agir autrement « serait leur mentir sur leur niveau » !
Cela étant, on a depuis longtemps renoncé à prendre au pied de la lettre ce qu’affirment, la main sur le cœur et tout à l’exaltation de leurs débuts, ceux qui nous gouvernent. Non que nous doutions, il s’en faut, de leur sincérité, de leur détermination encore moins, mais, c’est bien connu, le chat échaudé craint jusqu’à l’eau froide : le perron de Grenelle, comme tous ceux de la République, est plein de ces rodomontades et vœux pieux appelés à se fracasser bientôt sur un réalisme politique qui, aux vagues du volontarisme, préférera toujours la mer étale de l’inertie. Depuis le départ, en 2022, de son ex-mentor Jean-Michel Blanquer, Édouard Geffray ne peut ignorer qu’il est le septième (en quelque trois ans) à gravir les marches dudit perron, ni que six mois pour mettre fin à des décennies de dérive, c’est court.
Tout dépend à l’évidence de ce que l’on entend par « copies mal rédigées ». Mais, quand on s’en tiendrait à l’illisible et au truffé de fautes (non pas celles qui relèveraient d’une tradition prétendument désuète, pourfendue par les « docteurs des sciences de l’éducation », mais d’autres qui mettent en péril la démonstration, quand démonstration il y a), il faudrait déjà faire avaler aux géniteurs d’apprenants la pilule d’un taux de réussite moins « panglossien » que ceux dont ils ont pris l’habitude ! Pas sûr que la perspective déclenche l’enthousiasme dans un climat déjà plombé par l’instabilité politique, le prix du carburant à la pompe et, désormais, le spectre d’une nouvelle pandémie…
On n’en a pas moins envie de dire « Chiche ! »




