Les vignes du saigneur
(à bord du MS Amália Rodriguez, 2025)
Il se susurre çà et là que ferait partie des croisières les plus cotées celle que vous vivez ces jours-ci sur les eaux placides du Douro. Gageons que le soleil portugais, propice aux siestes postprandiales sur le pont supérieur du pimpant Amália Rodrigues, n'y est pas pour rien. L'entêtant effluve du porto pas davantage : que pèserait en effet le flacon sans l'ivresse ? Et que dire encore de ces ahanants et brimbalants tramways, de ces azulejos bleu et blanc, de ces poignants concerts de fado qui ne concourent pas peu à peaufiner l'image d'Épinal d'un havre pour retraités ? Cerise sur la forêt-noire du Lecteur Voyageur du Grand-Est qui en viendrait presque à craindre qu'un dépaysement si subit ne lui fût fatal : la présence à vos côtés de votre habituel antidote, Philippe Ier, récemment élu par ses pairs, au terme d'un conclave moins médiatisé que l'autre, pape du voyage organisé !
Unique tache sur ce tableau quasi édénique, l'intéressé a cru devoir cette fois amener dans ses bagages (une modeste valise en carton) un psychopathe du participe, un prédateur sans foi ni loi, pour le lâcher dans ce paysage lusitanien. Aussi, pour ne pas donner dans ses trébuchets, relisez-vous deux fois plutôt qu'une si vous ne voulez pas que les coteaux d'alentour soient sous peu rebaptisés « vignes du saigneur » !
TEST
Écrivez ces six noms que nous a offerts le portugais :
lascar, sagouin, autodafé, cipaye, bayadère, piranha.


